Ce que recouvre la migration
Tout plastique contient davantage que le polymère. On y trouve des monomères résiduels issus de la résine, des additifs comme les antioxydants et les agents glissants, des colorants dans le mélange-maître et, dans le contenu recyclé, des traces de ce qu’était auparavant le matériau. Lorsque l’aliment touche le plastique, de petites quantités de ces substances peuvent passer dans l’aliment. L’essai de migration mesure la quantité qui migre, dans des conditions représentatives de l’usage réel, et compare le résultat aux limites légales.
L’essai est réalisé par un laboratoire tiers sur l’article fini, ou sur un échantillon du même matériau transformé de la même manière. La déclaration d’un producteur de résine est un bon point de départ, mais le contenant fini a été coloré, moulé et parfois imprimé à l’usine partenaire ; c’est donc l’article fini qui importe au regard des règles du marché.
Migration globale et migration spécifique
Il existe deux types de limite. La migration globale est la quantité totale de toutes les substances qui passent dans le simulant alimentaire. Selon le règlement (UE) 10/2011, la limite de migration globale est de 10 mg par décimètre carré de surface de contact, ou de 60 mg par kilogramme de simulant pour certains contenants et certains cas. Elle mesure l’inertie générale du matériau.
Les limites de migration spécifique s’appliquent à des substances listées individuellement, comme un monomère ou un additif donné, chacune avec sa propre limite dans le règlement. Un laboratoire vérifie celles qui sont pertinentes pour le matériau et sa formulation ; c’est pourquoi il doit connaître la résine et les additifs. Un rapport qui ne présente que la migration globale est incomplet pour la plupart des plastiques.
| Terme | Signification | À vérifier dans le rapport |
|---|---|---|
| Migration globale (OML) | Total de toutes les substances migrant dans le simulant | Résultat au regard de 10 mg/dm2 ou 60 mg/kg |
| Migration spécifique (SML) | Une substance listée à la fois | Quelles substances ont été testées et pourquoi |
| Simulant alimentaire | Liquide ou solide représentant un type d’aliment | Que les simulants correspondent aux aliments vendus |
| Conditions d’essai | Durée et température du contact pendant l’essai | Qu’elles couvrent votre usage le plus chaud et le plus long |
| Rapport surface/volume | Surface de contact par quantité d’aliment | Que le contenant réel ou un rapport déclaré ait été utilisé |
| Usage répété | Essais successifs sur le même échantillon | Résultat de la troisième exposition pour les articles réutilisables |
Les simulants alimentaires
Un laboratoire ne peut pas tester avec chaque curry et chaque salade ; le règlement recourt donc à des simulants : des liquides ou solides standard qui se comportent comme des groupes d’aliments. Il existe des simulants pour les aliments aqueux, pour les aliments acides, pour les aliments alcoolisés, pour les aliments gras, généralement une huile végétale ou un équivalent, et un simulant solide pour les aliments secs. Le choix dépend de ce que contiendra le contenant. Une boîte à emporter pour plats huileux exige le simulant des aliments gras. Une boîte à fruits exige les simulants aqueux et acides. Un pot à soupe en exige généralement plusieurs.
La lacune la plus fréquente dans les rapports que reçoivent les acheteurs est l’écart entre les simulants testés et les aliments que transportera le contenant. Un rapport portant uniquement sur des simulants aqueux, pour une boîte destinée au riz sauté, ne couvre pas l’usage réel.
Durée et température
Les conditions d’essai sont choisies pour représenter le pire usage prévisible. Un contenant pour le stockage réfrigéré est testé à une température plus basse et sur une durée plus longue qu’un contenant pour le remplissage à chaud. Un contenant marqué pour le micro-ondes exige des conditions couvrant le réchauffage. Si un rapport a été réalisé dans des conditions plus douces que l’usage réel, il ne couvre pas cet usage, aussi bon que soit le résultat. Demandez au laboratoire, ou à l’usine partenaire, d’énoncer les conditions en termes simples à côté de l’usage prévu ; voir températures de congélation et de remplissage à chaud pour les définir.
Les États-Unis et la Chine
Les règles américaines sont rédigées différemment. Pour le PP et le PE, le 21 CFR 177.1520 fixe des spécifications comme les extractibles à l’hexane, et les déclarations citent les conditions d’utilisation du 21 CFR 176.170(c), classées de A à H. La FDA n’approuve pas les contenants finis ; la preuve est une déclaration du fournisseur et, le cas échéant, un rapport d’essai. En Chine, la GB 4806.7-2023 fixe les exigences applicables aux matériaux et articles en plastique au contact des aliments, la GB 4806.1 en fixant les règles générales. Pour les acheteurs allemands, des rapports d’essai LFGB sections 30 et 31 sont souvent demandés en plus de EU 10/2011. Le guide de conformité liste les documents par marché.
Lire un rapport en cinq minutes
- Vérifier l’article : la description de l’échantillon, la couleur et le matériau correspondent-ils au contenant acheté ?
- Vérifier le laboratoire, la date et le destinataire du rapport.
- Comparer les simulants à vos aliments.
- Comparer la durée et la température à votre usage le plus chaud et le plus long.
- Vérifier que la migration spécifique a été testée pour les substances pertinentes, et pas uniquement la migration globale.
La couleur compte plus que les acheteurs ne l’imaginent. Un rapport sur une boîte PP naturelle non colorée ne couvre pas automatiquement la version à base noire de la même boîte, car le mélange-maître ajoute des substances. Un rapport sur résine vierge ne couvre pas non plus une version contenant du recyclé. Voir additifs et colorants.
Qui commande l’essai, et quand
Pour les articles en stock, les usines partenaires détiennent souvent des rapports existants, que notre bureau vérifie au regard de l’article et du marché. Pour une nouvelle couleur, un nouveau matériau ou un moule spécifique, un nouvel essai est généralement nécessaire ; il est commandé sur des échantillons équivalents à la production après l’étape d’échantillonnage. Les rapports sont émis au nom de l’usine partenaire ou de votre marque selon le projet ; Lidwell ne détient pas de certificats. Le temps de laboratoire est intégré au planning, de sorte que le plan d’essais est fixé au moment de la commande. Confirmez le périmètre exact de l’essai avec votre laboratoire.
La formulation qui découle d’un bon rapport est étroite et précise : testé selon EU 10/2011 d’après rapport, pour les simulants et les conditions qu’il mentionne. La coordination des laboratoires par notre bureau est décrite sur essais et inspection ; pour lancer un programme incluant le plan d’essais, utilisez le formulaire de devis.
